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Médiathèques de Nevers Agglomération

 

Les fonds patrimoniaux conservent plus de 125 titres de journaux nivernais, dont 75 ont commencé à paraître avant 1920. Ces documents, perçus comme le réceptacle de l’éphémère, issus de la production d’un papier mécanique de qualité médiocre, ont pendant longtemps été négligés. De ce fait, on ne trouve des collections, plus ou moins complètes, que dans les fonds des bibliothèques municipales ou ceux des Archives départementales. Hormis quelques titres recueillis par des érudits dans les fonds de sociétés savantes.

 

 

 

La presse a joué un rôle important dans la formation de l’opinion publique provinciale : la diffusion de l’instruction, la multiplication des journaux partisans à partir de 1870, la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881, ont rendu possible l’existence d’une vie politique locale. Mais il ne faut pas oublier qu’étudier la presse permet également de toucher à des domaines multiples : l’histoire du droit (liberté de la presse) ; l’histoire sociale (diffusion du journal, lectorats) ; l’histoire littéraire (les feuilletons, les poèmes locaux, les textes des journalistes) ; mais surtout l’histoire du quotidien. La presse provinciale est attachée aux faits locaux, aux choses ordinaires de la vie touchant la population, les comptes rendus des affaires judiciaires, les annonces légales donnent de véritables "archives", données permettant d’analyser les moeurs et les coutumes d’une région.

  

 

 

Journal du département de la Nièvre :

 

La Révolution vit apparaître le premier journal imprimé à Nevers en octobre 1790 : Journal du département de la Nièvre, dédié à la Société des Amis de la Constitution. La préparation de l’exposition a permis de retrouver dans le fonds Sonnié-Moret de la Société Scientifique de Clamecy un prospectus et un numéro daté du 16 février 1791. C’était un journal très combatif, rédigé par un "homme de loi", un jacobin nommé J.-A.-M. Fion, qui portait des attaques virulentes contre la noblesse. Il sera d’ailleurs nommé accusateur public en 1793 pour le tribunal révolutionnaire. "On s’abonne chez madame Veuve Le Febvre, imprimeur à Nevers" et le prospectus, daté d’octobre 1790, annonce que le journal paraîtra "le samedi de chaque semaine à compter du 9 octobre 1790" et comprendra 4 pages. On ignore quand le journal cessa de paraître.

 

prospectus 1790

 

 

Journal décadaire de Nevers et de la Préfecture de la Nièvre :

 

Au début de l’Empire, il n’existait plus aucun journal départemental, seul subsistait un journal autorisé à reproduire des extraits du Moniteur, le journal hebdomadaire de la Nièvre, journal des affiches et annonces du département, simple feuille d’annonces judiciaires et de propagande impériale avec la diffusion des bulletins de la Grande Armée, qui devient le Journal de la Nièvre en 1810. L’imprimeur Levebre aîné voulait en l’an IX, avec l’appui de la préfecture, lancer un journal de 4 pages (au prix de 12 francs par an), le Journal décadaire de Nevers et de la Préfecture de la Nièvre, le programme étant vaste :

 

"donner sous ce titre une notice exacte des Lois et Actes qui intéresseront plus ou moins Le Département (…) l’Analyse des principales causes qui auront été jugées celle des délits punis ( …) donner la note des ventes, transactions commerciales, mariages, divorces, décès, le prix des grains, fourrages, comestibles, vins, foires (…) des livres nouveaux qui auront mérité des suffrages honorables, et des spectacles qui auront lieu dans la ville de Nevers".

 

Mais ce projet ne put être mené à bien.

 

La presse parisienne n’avait qu’une faible diffusion dans le Nivernais sous le consulat et l’Empire. A partir de 1811, seuls quatre journaux parisiens sont autorisés : Le Moniteur, Le Journal de Paris, Le Journal de l’Empire et la Gazette de France. Le journal étant considéré comme une chose rare, il était d’un prix élevé et supposait un certain niveau de revenus. On ne trouve à Nevers, à Cosne et La Charité-Sur-Loire que quelques cabinets de lecture, ne contenant que des romans et quelques livres de voyages. Les journaux reçus dans les cafés étaient peu nombreux. Ainsi, en 1822, à Nevers, on pouvait lire Le Constitutionnel aux cafés de la Comédie et du Jeu de Paume, Le Courrier français chez la veuve Brisson. Deux sociétés littéraires à Nevers regroupant des gens d’opinions différentes reçoivent la presse nationale : La Société littéraire uniquement des journaux royalistes et la Société philarmonique le Moniteur, le Drapeau blanc, les Débats, le Courrier français et le Constitutionnel.

Aucune presse politique locale n’existe au côté de la feuille d’annonces de Nevers : Le Journal de la Nièvre.

 

prospectus décadaire de Nevers et de la préfecture de la nièvre

 

 

Les journaux après 1830

 

La Gazette du Nivernais

 

Journal politique, agricole, industriel et littéraires – Nevers (place de la Halle) : Bégat, 1831 –

Ce journal paraît le mercredi de chaque semaine.

 

Il faut attendre l’avènement de Louis-Philippe pour voir réapparaître à partir de 1830 des journaux imprimés localement. Ceci s’explique par une relative liberté octroyée par la charte de 1830, mais aussi par un intérêt croissant pour la politique et par le fait qu’un journal puisse devenir une spéculation rentable même avec un petit nombre d’abonnés. C’est le début d’une presse d’opposition dont la durée de vie est assez courte face aux réactions du préfet et de la magistrature. C’est le cas de la Gazette du Nivernais qui a été fondée en mars 1831 par le vicomte de Bouillé, ancien maire de Nevers et Palamède de Raffin, ancien commissaire général de la Marine et maître de forges à La Pique. En novembre 1832, le journal comptait près de 133 abonnés. Claude Bégat, professeur de langues au collège de Nevers, était le rédacteur et gérant de ce journal qui disparaîtra en 1833. Les actionnaires lassés de payer des amendes décidèrent de "se débarrasser de l’argent rédacteur en tuant la Gazette".

 

gazette du nivernais

 

 

L’Association, journal de la Nièvre

Politique, industrie commerciale et agricole, jurisprudence, littérature

Rédacteur en chef : C.Gauguin et Claude Tillier ; directeur-gérant : Lacoche –Nevers (16 rue des Merciers) : Association, 1840 – 1843.

 

La bibliothèque possède également un journal résolument libéral, L’Association, dont une partie de la collection provient du château de Chevenon. Créé en juin 1840 par des notables libéraux, les bureaux du journal étaient installés au 16 rue des Merciers à Nevers. Le premier rédacteur était un jeune journaliste de 26 ans, Clovis Gauguin (1814 -1849), père du célèbre peintre Paul Gauguin, qui laissera sa place en juin 1841, au fameux pamphlétaire Claude Tillier, quittant ainsi Clamecy pour s’installer à Nevers. Il est l’auteur de nombreux articles, publiant en feuilleton Mon oncle Benjamin, Belle plante et Cornélius et donnant au journal une ligne républicaine jusqu’au dernier numéro de 14 mai 1843.

 

 

 

L’Entracte

 

Un peu avant la crise de 1848, le 6 février, l’imprimeur neversois Bégat lança l’Entracte, journal charivarique consacré aux arts, à la littérature et au théâtre, dans lequel on peut lire une chronique amusante, la "Gazette chinoise. Extrait du journal d’un gabier anglais" qui découvre la ville de Ser-ven, sur une petite rivière appelée Ier-Ven.

 

entracte

entracte

 

 

La révolution de 1848

 

La Sentinelle

 

Tout pour et par le peuple. Egalité, fraternité.

Rédacteur-gérant : Ulysse Pic, 1er numéro, 13 mars 1848.

 

Après les journées révolutionnaires de février 1848, Ulysse Pic, l’ancien rédacteur de l’Union libérale revient à Nevers fonder La Sentinelle, début mars "ivre encore de la poudre des barricades et le cœur palpitant des nouvelles ardeurs de la liberté". Ce journal, qui a un tirage important (mille exemplaires) se veut l’organe des clubs qui foisonnent et défend des thèmes socialistes et révolutionnaires : "Tout pour et par le peuple". En avril 1848, le commissaire du gouvernement profite des excès du discours d’Ulysse Pic pour le faire emprisonner et expulser, décapitant la rédaction de La Sentinelle qui disparaît après 7 numéros.

 

sentinelle sentinelle

 

 

Un monopole sous l’Empire : Le Journal de la Nièvre

 

De 1851 à 1867, Le Journal de la Nièvre dispose d’un véritable monopole : il est le seul journal politique dans la Nièvre. Organe de la Préfecture, il participe vaillamment à la promotion des candidats officiels. Le Préfet malgré un avertissement en mai 1853, ne tarit pas d’éloge sur la souplesse du rédacteur, gérant et propriétaire Fay. Son succès repose sur la masse des informations pratiques et locales et sur son monopole.

C’est d’ailleurs une affaire rentable grâce aux annonces judiciaires. Son nombre d’abonnés ne cesse d’augmenter : 1200 en 1850, 1500 en 1861 ; 1800 en 1865 ; et 2030 en 1868.

 

Les années 1870-1878 sous la IIIème République furent une période faste pour la presse nivernaise. Les journaux politiques se multiplièrent, chaque candidat souhaitant fonder son propre journal pour soutenir ses idées auprès de la population. A cela s’ajouta la libéralisation de la presse, amorcée dans la loi du 11 mai 1868, elle est complétée par la loi du 29 juillet 1881 qui définit les libertés et les responsabilités de la presse, imposant un cadre légal à toute publication mais surtout permit l’abrogation du régime de "l’autorisation au préalable", du cautionnement et du "timbre", réduisant les lourdes charges financières dont étaient victimes les journaux, favorisant ainsi les nouvelles publications.

 

 

Les journaux sous la IIIème République

 

 

La Tribune Nivernaise

 

docteur turigny

 

Gérants : Gravier, L.Blériot.- Nevers (11, rue du Cloître-Saint-Cyr) : La Tribune Nivernaise, septembre 1870-janvier 1872.

 

Docteur en médecine en 1850, Jean-Placide Turigny (1822 -1905) est proscrit au 2 décembre 1851 mais il échappe à la déportation. C’est un "animal politique", il écrit beaucoup dans l’Impartial du Centre (fondé en 1867) et en 1870 fonde la Tribune nivernaise avec l’imprimeur Bégat contre le préfet Girerd. Elu député en 1873, il garde son siège jusqu’à la mort en 1905 : il siège d’abord à l’extrême gauche, puis s’associe au mouvement sans que ses électeurs le trahissent. La Tribune nivernaise est un journal républicain radical, qui attaque violemment les notables locaux, le gouvernement, et soutient le mouvement communard. Elle cesse de paraître le 2 juin 1871, après le rétablissement du cautionnement le 1er juin. Elle réapparaît en septembre pour disparaître en janvier 1872 après plusieurs condamnations et amendes.

 

 

 

Potache-Revue

Journal bi-mensuel paraissant le premier et le troisième dimanche de chaque mois, dir. Arsène Reynaud [Maurice Quillot] ; Gérand : J. Desbrosse.- N° 1 (1889, 3 févr.) N° 6 51889, 3 mars). –Nevers (5, rue Vauban) : Imprimerie Nivernaise, 1889.

Il n’eut que trois numéros. C’est une revue aujourd’hui fort célèbre par ses collaborateurs ; car elle a été fondée par Pierre Louÿs et Franc Nohain ; son directeur était Arsène Raynaud, pseudonyme de Maurice Quillot, il créa la revue pour se désennuyer du départ à Paris, à Janson-de-Sailly de Franc-Nohain. Potache Revue publia les premiers vers d’André Gide sous les pseudonymes de Zan-Baldar et Bernard Durrla.

 

 

potache revue

Potache-Revue

 

Journal bi-mensuel paraissant le premier et le troisième dimanche de chaque mois, dir. Arsène Reynaud [Maurice Quillot] ; Gérand : J. Desbrosse.- N° 1 (1889, 3 févr.) N° 6 51889, 3 mars). –Nevers (5, rue Vauban) : Imprimerie Nivernaise, 1889.

Il n’eut que trois numéros. C’est une revue aujourd’hui fort célèbre par ses collaborateurs ; car elle a été fondée par Pierre Louÿs et Franc Nohain ; son directeur était Arsène Raynaud, pseudonyme de Maurice Quillot, il créa la revue pour se désennuyer du départ à Paris, à Janson-de-Sailly de Franc-Nohain. Potache Revue publia les premiers vers d’André Gide sous les pseudonymes de Zan-Baldar et Bernard Durrla.

 

Kermesse Journal

Nevers-Souvenir, fêtes des 11, 12 & 13 juillet 1896, numéro unique. – Nevers, 1896. Avec une grande page de titre dessinée par Léon Legendre.

 

Jules Lemaître avait été chargé par la municipalité de Nevers de faire ce "journal élégant d’une douzaine de pages", vendu au profit des pauvres, à l’occasion de l’inauguration du marché couvert. On y trouve des textes de Louis de Courmont, Maurice Legrand (Franc-Nohain), Louis Mirault, Achille Millien… La bibliothèque possède également un autre numéro, intitulé "Kermess-Journal", pour les fêtes des 11, 12 & 13 août 1901, avec une couverture illustrée par l'artiste Cyr Deguergue.

 

kermesse journal kermesse journal

 

Les années 1900

 

 

L’Illustré Nivernais

 

illustre nivernais

Littéraire, artistique et amusant ; Gérant : V. Voinot.- Nevers (5, rue Vauban) : L’Illustré Nivernais (1900).

 Couverture illustrée par O’Galop – de son vrai nom Marius Rossillonné en 1867 à Lyon et mort en 1946 à Carnac (Dordogne). Dessinateur humoriste, il fut l’une des personnalités du Montmartre d’avant 1914. Il collabora au Rire et à L’assiette au beurre. Son titre de gloire est d’avoir inventé le personnage de Bidendum vers 1898. Il créa aussi des dessins animés avec Benjamin Rabier. Le journal est une compilation de dessins et d’articles déjà parus ou refusés dans Le Rire ou Charivari.

illustre nivernais illustre nivernais

 

 

Première guerre mondiale, les journaux américains

 

the martian

The Martian

 

Hommes 36 – 40, Chevaux – 8 : Hopital Center – Mars-sur-Allier, American Expeditionary Forces. –Marssur- Allier : Hospital Center A.P.O ? 780, 1918 – 1919.

 

Publié par l’imprimerie Fortin à Nevers, ce journal publié par les soldats américains de l’hôpital de Mars-sur-Allier. On notera la belle lithographie représentant la "Porte de Paris".

 

 

The Pop Valve

Published by and for the 19th Grand Division Transportation Corps American Expeditionary forces, Camp Stephenson, Nevers (Nièvre).- Nevers : the 19th Grand Division Transportation Corps American Expeditionary Forces, 1919. 

Journal publié par les soldats américains installés à Vauzelles, au Camp Stephenson. Il a été imprimé dans un premier temps à 2500 exemplaires puis à 3000 exemplaires.

 

pop valve

 

 

Du Paris-Centre… au Journal du Centre

 

Quotidien régional.-. Nevers (3, rue du Chemin de fer) : Paris Centre, 1re année, n° 1 (1909, 28 janv.) - 1944.

 

Des notables fondent le journal Paris-Centre dont le conseil d’administration est présidé par le marquis de Tracy. Ce quotidien de six pages, diffusé le matin, va mener jusqu’en 1940 un combat contre l’opposition de gauche, défendant l’ordre établi, mais donnant parfaitement les informations parisiennes et locales : ses tirages importants en font le premier journal nivernais. La bibliothèque présente à l’exposition des documents inédits de Paul Meunier, administrateur du journal de 1908 à 1919. Ces pièces ont été acquises en décembre 2008. Elles comprennent notamment le rapport de la deuxième assemblée générale constitutive du 31 octobre 1908 au cours de laquelle le titre de Paris-Centre fut définitivement adopté et dont le siège est fixé à Nevers, au numéro 3, rue du chemin de fer, dans les locaux actuels du Journal du Centre. Présent durant l’entre-deux guerres, le Paris-Centre comptera de grandes signatures journalistiques comme Georges Simenon. Ayant continué de paraître pendant la seconde guerre mondiale, il laissera la place à la Libération au Journal du Centre en 1944. Emanation de La Nièvre Libre, un journal clandestin créé pendant l’occupation, le Journal du Centre est dirigé par Charles Exbrayat en 1945, rédacteur en chef du quotidien pour lequel il chroniquera jusqu’en 1971. Au moins de Décembre 1967, le journal La Montagne crée une édition Nièvre et ouvre une agence rédactionnelle à Nevers. Elle prendra fin le 17 septembre 1994. L’année 2004 est une étape importante pour le Journal du centre : il est désormais fabriqué à Clermont-Ferrand, sur les rotatives de La Montagne et il propose à ses lecteurs une nouvelle maquette et une nouvelle présentation. En 2006, comme la majorité de la presse française, le Journal du Centre met en ligne des articles sur internet. Progressivement d’autres supports de communication apparaissent sur le site avec la vidéo et l’audio, pouvant offrir au lecteur une participation active à l’information et une possible interactivité avec le journaliste.

 

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