Livre

Carthage

Auteur(s) : Ville de Hammamet (Tunisie) (Donateur) ;Daguerre de Hureaux, Alain (1963-...) (Auteur) ;Los Llanos, José-Luis de (Auteur) ;Pelletier Hornby, Paulette (Auteur) ;Petit Palais (Paris) (Auteur) ;Paris Musées (Auteur) ;Association française d'action artistique (Auteur)
Titre(s) : Carthage [Texte imprimé] : l'histoire, sa trace et son écho : les Musées de la Ville de Paris, Musée du Petit Palais, [9 mars-2 juillet 1995] / exposition organisée par Paris musées et l'Association française d'action artistique... / catalogue par Alain Daguerre de Hureaux, José de Los Llanos et Paulette Pelletier-Hornby.
Editeur(s) : Paris : Paris musées : Association française d'action artistique, 1995 (Paris : Presses artistiques).
Collection(s) : (Musée du Petit Palais ; 30).
Résumé : Carthage tire ses origines de l'Orient et a laissé sur l'Occident une empreinte indélébile. Depuis sa fondation en 814 avant l'ère chrétienne par la reine Didon et une poignée de Phéniciens, elle se singularise plus encore par un profond métissage, issu d'une histoire aux soubresauts sanglants. Quinze siècles au cours desquels se côtoient de multiples influences (Grèce, Egypte et Byzance notamment); où sont brassées des populations aussi variées que Phéniciens, Romains, Berbères, Vandales. Et les Arabes, plus tard. Ce métissage est abondamment illustré dans le parcours du musée du Petit Palais, proposé dans le cadre de la Saison tunisienne en France. L'originalité de ce dernier, déjouant le piège d'une simple reconstitution chronologique, tient au dialogue qui se noue entre les oeuvres historiques - où l'on compte quelques fleurons prêtés par le musée national du Bardo à Tunis -, le mythe et ses représentations. Pour peu on se sentirait volontiers l'âme tunisienne, tant l'évocation de Carthage fait écho à notre propre histoire. Parmi les 250 oeuvres installées dans une scénographie plutôt sobre, les unes extirpées du sous-sol, les autres empreintes des légendes qui inspirèrent peintres, sculpteurs, écrivains... chacun contribuant à la fois à alimenter le mythe et à l'éclairer des lumières de son époque, certaines nous sont inévitablement proches. Une mosaïque de Virgile méditant sur l'Enéide, entourée des portraits (en émail polychrome, XVIe siècle) de Didon et Enée, ouvre cette confrontation, où curieusement l'espoir que l'histoire vienne corroborer le mythe n'est pas entièrement vain. Ainsi la fondation de Carthage, au IXe siècle avant notre ère, semble-t-elle définitivement assurée par des fouilles récentes. Pas de certitudes en revanche sur la réalité des sacrifices humains tant décriés par les textes gréco-romains, sacrifices d'enfants en particulier, que commémore l'érection de stèles votives dans le Tophet (sanctuaire à ciel ouvert de Carthage). Les nuances apportées à cette controverse laissent à penser qu'ils étaient moins nombreux qu'on a pu le dire. Nos connaissances de la cité punique, détruite en 146 avant notre ère par Scipion Emilien, mettant un terme à plus d'un siècle de guerre entre Rome et sa farouche rivale, sont souvent partielles, provenant de la rareté des vestiges archéologiques, lacunaires et difficile à interpréter, souvent partiales lorsqu'il s'agit de récits rédigés par ses ennemis. Puis l'histoire et les légendes se mêlent étroitement d'abord avec la reine Didon-Elissa, immortalisée par la plume de Virgile, le coup de pinceau de Simon Vouet ou du Lorrain, ou encore l'opéra de Purcell chantant les amours (totalement mythiques) de Didon et Enée. Il y a aussi Sophonisbe, l'héroïne des tragédies de Mairet (la première des tragédies françaises à appliquer la règle des trois unités), de Corneille, Voltaire ou Alfieri. Il y a surtout Salammbô, notamment illustrée par une somptueuse reliure en cuir de Victor Prouvé (1893) incrustée d'émaux cloisonnés, où elle paraît nue étreignant un serpent, fidèle à une célèbre scène du roman de Gustave Flaubert. Après sa première destruction, la cité punique qui enfiévra tant les imaginations, renaît romaine. Reconstruite sur place (en -44) par Auguste selon la volonté de César. Elle prospère rapidement jusqu'à devenir la seconde métropole de l'Empire. Après un passage houleux des Vandales, c'est la conquête arabe qui l'anéantira finalement au VIIe siècle. Elle fut le grenier à blé et la cave à huile de Rome, mais c'est également elle qui dresse la table: dès la fin du Ier siècle, elle fournit aussi la vaisselle. La province romaine produit un art qui réussit parfois à transcender les influences, en particulier les mosaïques polychromes qui pavent les sols et les murs des demeures de l'aristocratie. Les magnifiques exemplaires exposés au Petit Palais mettent en évidence un savoir-faire qui lui est propre. Autre confirmation du jeu ouvert des influences dont jouit la province africaine de Rome: Septime Sévère, originaire de Leptis Magna (Lybie), devint empereur de Rome (193). Et c'est son fils Caracalla (né à Lyon) qui accorde la citoyenneté romaine à tous les hommes libres de l'empire (édit de Caracalla, 212). La romanité ne constituera pas, à quelques persécutions près, une entrave à la pénétration du christianisme, venu d'Orient. De fait, Carthage abrite très tôt, bien avant l'Europe, une des premières communautés chrétiennes cohérentes et organisées. Elle a son évêque, Cyprien (en 248), exécuté lors d'une persécution dix ans plus tard. C'est elle qui impose le latin comme langue liturgique à l'Europe, il supplante ainsi la langue grecque. Le rayonnement de la cité carthaginoise émane durablement grâce à des personnalités autochtones, au nombre desquelles Augustin - le plus grand des théologiens chrétiens était un Berbère -, il y enseigna la rhétorique avant de devenir lui-même évêque d'Hippone (Annaba). Outre le métissage qui se joue étonnamment des cultures entre le nord et le sud de la Méditerranée, il est un objet qui laisse un souvenir impérissable à la sortie de cette exposition: un extraordinaire baptistère, composé de plusieurs lobes, en mosaïque de marbre, calcaire et pâte de verre (peut-être du VIIe siècle), découvert au printemps 1993 dans la basilique de Békalta.
Sujet(s) : Antiquités Mosaïque : Histoire Tunisie : Civilisation Carthage (ville ancienne) ** Histoire ** Catalogues d'exposition Carthage (ville ancienne) ** Civilisation ** Catalogues d'exposition
Indice(s) : 70
: [Exposition. Paris. Petit Palais. 1995]

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