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Coup de coeur du 17 février

Aujourd'hui ce sont les membres du comité de lecture de la Médiathèque Jean-Jaurès " Surtout n'ouvrez pas ce livre" qui reviennent sur "Comment j'ai tué mon père" de Frédéric Vion.

Je n’avais jamais entendu parler de Frédéric Vion jusqu’à ce que j’apprenne qu’il participait à « Télématin » (la revue de presse). Il raconte dans ce livre son enfance difficile. Encore un !
Il a vécu 10 ans avec un père qui était un tyran domestique. Sa grand-mère voue un culte à son fils lui affirmant qu’il est le plus beau et le plus intelligent. Le père de l’auteur croit donc qu’il est tout ça et terrorise ceux qui ne pensent pas comme lui. Sa mère est prof de français et d’une soumission absolue. Il est violent, raciste, beauf parfait, policier tortionnaire, un enfer domestique. Heureusement, en 1985, il meurt !
Il raconte ça sans pathos de façon presque légère, c’est tout à fait réussi et bouleversant. L’auteur explique qu’il est composé de son éducation, de ce qu’il a appris à l’école et de son entourage, mais également de l’histoire de sa famille. Frédéric Vion est fabriqué à partir de l’histoire de son arrière grand père qui est né en 1900, de son arrière grand mère venant tout juste d’une Lorraine libérée mais ne parlant pas un mot de Français (Il est fabriqué par la guerre de 1870, donc). Ces grands parents venant d’Italie viennent compléter un tableau ayant pour décor Longwy, ses aciéries, ses petites maisons semblables et alignées où tout appartient au même patron, de l’usine aux commerces.
Frédéric Vion raconte les années 80, la fermeture des usines, le milieu ouvrier tout un monde disparu et il le ressuscite. Le style est vif et agréable, une vraie réussite.

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