Fonds nivernais

 

 

Largement tournée vers sa fonction de mémoire du Nivernais, la médiathèque de Nevers possède de nombreux documents relatifs à l'histoire locale.

La bibliothèque de Nervers en 1940

Dès 1832 émerge, à Nevers, l'idée de constituer une bibliothèque nivernaise avec les ouvrages ecrits par des Nivernais entre 1500 et 1800. Elle apparaît dans une longue correspondance entre le maire, Jean Desveaux, et le bibliothècaire, Napoléon Alexandre Fabre (1806-1843).Un catalogue de ce fonds spécial est alors établi et un appel est lancé aux auteurs nivernais en vue de susciter un don de leurs oeuvres.

Le fonds ne commence à se constituer qu'avec l'acquisition par la ville, en 1847, des collections Gallois, comprenant 170 volumes, 20 brochures, 5 manuscrits. Proper Anselme Bégat (1820-1889), ancien imprimeur, auteur d'une excellente notice sur l'histoire de l'imprimerie à Nevers en 1862, nommé conservateur en 1877, rédige le premier catalogue manuscrit de la bibliothèque nivernaise, qu'il divise en 26 sections.

 

En 1920 la ville accepte la donation du conseiller honoraire à la courd'appel de Bourges, Louis Albert Morlon (1846-1920). C'est pour le Nivernais un fonds très important (3 097 titres) et la seule grande bibliothèque nivernaise privée qui entre dans le fonds. Elle est inventoriée par l'érudit Antoine Desforges (1866-1943) en 1924 : elle comprend un grand nombre de titres qui manquaient jusque-là dans le fonds, elle est en outre très riche en brochures et contient aussi quelques manuscrits. Dans cette bibliothèque Morlon existait un fonds phalanstérien constitué par le père de Louis Albert, André Morlon (1812-1895), conducteur des ponts et chaussées, ancien centralien et fouriériste convaincu. Dès 1833 il adhère aux doctrines de Fourier et il reste fidèle a son maître jusqu'à sa mort. On possèce ainsi l'ensemble des écrits fouriéristes de Morlon, des lettres de Considérant, Canstagrel, Bureau, des listes de fouriériste nivernais.

 

Avec le manuscrit de François-Joseph Fourquemin, Souvenirs, nous entrons de plein pied dans la littérature populaire; menuisier, il conte son adolescence et son apprentissage. Ce curieux témoignage sur la vie d'un orphelin dans les années 1840 est publié en 1998.

Cet ouvrage a bénéficié de la politique d'aide à la création de reliure contemporaine du Conseil Régional. Il a été relié en plein veau grège par Annie Boige.

 

Manuscrit Auguste Martin

Parmi d'autres manuscrits inédits, retenons celui d'Auguste Martin (1824-1902). L'homme, forgeron et serrurier, compose des poèmes qu'il écrit en encres de diverses couleurs et illustre de dessins à la gouache qui sont de singuliers témoignages d’art naïf. Ses recueils ont été donnés à la bibliothèque en 1932.

 

 

Raoul Toscan

 

L'histoire du fonds nivernais ne peut être faite sans que l'on évoque Raoul Toscan (1884-1946) qui règna sur la bibliothèque de 1923 à 1945. Il mit en ordre la bibliothèque et particulièrement le fonds nivernais, rédigea les fichiers qui sont encore utilisés, ouvrit dès 1934 le section des dossiers nivernais qui regroupent des articles de presse et des documents divers.

 

Il fut le créateur du fonds iconographique et de la section des documents d'archives. Homme de lettres, artiste, journaliste il avait des idées très en avance sur son temps, prônant dès les années 1930 la bibliothèque sonore, la bibliothèque cantonale, le musée cantonal.

 


 

Tableau accompli de tous les arts libraux Christofle de Savigny 1587

Antoine Desforges est né en 1866 à Saint-Parize-le-Châtel (Nièvre). Il fut élève à l’Ecole normale de Varzy, puis instituteur à La Charité-sur-Loire, avant de s’établir à Fléty et Tazilly.

Il prit sa retraite d’instituteur en 1917 et s’installe à Nevers, où il devient l’un des animateurs de la Société Académique du Nivernais.

Il s’intéresse principalement à la préhistoire, au folklore et à l’histoire locale. A partir de 1932, il commence à rédiger des notices biographiques sur tous les personnages du Nivernais, représentant 13 volumes de notices manuscrites et 2 volumes de notices dactylographiés, qui sont tous déposés à la bibliothèque de Nevers.

Il avait été chargé par son ami Louis-Albert Morlon d’inventorier ses collections à sa mort. Il rédige le catalogue de cette bibliothèque qui est transportée à la bibliothèque municipale de Nevers en 1920.

Cette collection est très importante pour notre patrimoine littéraire et historique : Louis-Albert Morlon a mis plus de quarante ans à réunir tous les ouvrages qu’il a pu rencontrer dans la Nièvre, et l’ancien Nivernais, ou écrits par des Nivernais. Elle comprend plus de 3500 numéros dont de nombreux manuscrits.

 

 

 

A cela il faut ajouter une bibliothèque plus générale qui a été intégrée dans les fonds anciens  de la bibliothèque de Nevers.

 

                                                                    


  

Jen et Michel Vieux change

Michel Vieuchange (1904-1930), au cours d'une exploration solitaire dans le Rio del Oro à la recherche de Smara, ville sainte de Ma el Ainin, rédigea des notes de route qui sont publiées par son frère Jean en 1933 sous le titre Smara préfacé par Paul Claudel. François Mauriac, Jean Genet y ont vu la révélation d'un authentique écrivain.

La totalité des carnets de route, les notes préparatoires, la correspondance, les objets divers relatifs à cette expédition sont conservés à la médiathèque ainsi que les manuscrits de ses oeuvres et scénarios inédits.


 

Achile Millien 1908

 

Achille Millien a donné en 1917 à la bibliothèque municipale de Nevers un petit fonds de documents imprimés traitant du folklore sur les pays du monde entier, des recueils de chansons traditionnelles, de coutumes, croyances populaires, etc... On y trouve également une collection de  revues sur ces thèmes.

Achile Millien "Supersticiones del Rio de la plata"

A chile Millien " La tradition"

> Bibliothèque Achille Millien


 

LES HERBIERS DE LA MÉDIATHEQUE JEAN-JAURES

 

 

 

On désigne par herbier une collection de plantes séchées conservées généralement à des fins scientifiques, parfois dans un but esthétique. Si l’utilisation par l’homme de végétaux séchés pour confectionner guirlandes, parures, bouquets, remèdes et attributs magiques remonte à la plus haute Antiquité, l’apparition des herbiers est relativement récente. Leur invention est contemporaine de la vulgarisation du papier qui suivit la découverte de l’imprimerie. A cette date apparaissent les premiers Hortus siccus (jardins secs) ou Hortus mortus (jardins morts), lesquels ne prendront la terminologie d’herbarium (terminologie toujours en usage dans la littérature anglo-saxonne) ou d’herbier que près d’un siècle plus tard, lorsque Tournefort et Linné familiariseront ce mot auprès du public. Les plus anciennes collections conservées sont celles de l'école italienne de Lucca Ghini, dont un petit herbier (Hortus siccus de G. Cibo) a été réalisé dès 1532 ; les collections constituées par U. Aldrovandi et A. Cesalpino, vers 1555 -1570, comptent déjà à cette époque plusieurs milliers de spécimens.

L'Herbier de Jehan Girault (Lyon, 1558), réunissant 313 spécimens, est le plus ancien des herbiers de France. Dès la seconde moitié du XVIIe siècle puis au XVIIIe siècle, d'importantes collections proviendront des diverses explorations.

 

Gentiane

 

Les quatre herbiers de Nevers

 

D’après le Muséum d’histoire naturelle d’Autun, qui a inventorié en 2006 les herbiers existants en Bourgogne, c’est la Médiathèque Jean-Jaurès de Nevers qui possède les principaux herbiers du département. Au nombre de quatre, ils sont en très bon état de conservation :

 

 

 

- L’Herbier nivernais d’Alexandre Boreau est un herbier de référence pour le département. Datant de 1828-1834, il est constitué de 8 volumes. Offert par son auteur à la ville de Nevers en 1835, il a servi en partie de support à l’édition de la Flore du centre de la France publiée en 1840.

 

feuillet1 feuillet1bis

 

- L’herbier dit du musée de Nevers est un herbier français dont les échantillons ont été récoltés entre 1847 et 1879 environ. Il existe un Catalogue des plantes composant l’herbier de la bibliothèque de la ville de Nevers, préparées et classées par Cyrille Fiston, membre de la société botanique de France, 1879-1880 qui semble lui être associé.

 

 

- L’herbier des mousses de Henry Cassini et M. Ogier est un petit carton contenant plus de 80 échantillons rangés dans des pochettes de papier. Un grand nombre semble avoir été récolté par Cassini dès 1808. Outre les mousses, on y trouve quelques lichens et des algues. Cependant les échantillons ne sont ni datés, ni localisés.

 

 

 

- L’herbier du XVIII° du docteur Subert : le docteur Subert l’a reçu en don en 1875. L’auteur pourrait en être un certain Guerin comme le montre une signature dans le livre. Il s’agit d’un livre unique, ressemblant à un herbier de médecine, avec sur chaque page un échantillon et des commentaires sur les propriétés de la plante correspondante.

 

 

Alexandre Boreau : L’Herbier nivernais, 1835 (Fonds Nivernais 1 N 5)

 

L'herbier nivernais

 

Alexandre Boreau

Alexandre Boreau (1803 - 1875)

Il naît à Saumur le 15 mars 1803. Enfant, il se passionne pour les fleurs. Après des études au collège, il est placé chez un pharmacien d’Angers. En même temps, il suit des cours de botanique au Jardin botanique municipal : de ses herborisations, il produit son premier herbier. Il décide ensuite de partir à Paris suivre les cours de l’Ecole de pharmacie. Il occupe son temps libre en suivant des enseignements de botanique au Museum d’histoire naturelle, en herborisant avec Jussieu, en suivant les leçons de physique de Gay-Lussac. Bien intégré à la communauté des naturalistes parisiens, il côtoie Cuvier. En 1828, une nouvelle vie s’ouvre pour lui : diplômé de pharmacie, après son mariage avec Antoinette Morin, il s’installe à Nevers, où il vient d’acquérir une officine. Il consacre ses heures de liberté à sa seule passion, la botanique. Seul ou accompagné de son ami Casimir Saul, il effectue des excursions dans tout le Nivernais, sources de son Herbier du Nivernais : il publie en 1832 son premier ouvrage : Voyage aux montagnes du Morvan. Il pense à une flore du Nivernais. Il cède son officine en 1836. Il élargit alors ses recherches à la France centrale. Devenu un botaniste respecté, il est nommé en 1838 à la direction du Jardin botanique d’Angers. Avec le soutien du comte Jaubert, il donne une Flore du Centre de la France qui a trois éditions : 1840, 1849, 1859. Il rédige une cinquantaine de notices à l’attention des botanistes dont il est un représentant émérite. Il meurt le 5 juillet 1875.

 

L’Herbier Nivernais

 

 

Il faut lire l’introduction manuscrite d’Alexandre Boreau : elle nous livre la genèse de cet important document en huit gros volumes in folio :

 

« Un voyage fait dans le département de la Nièvre en 1827 m’inspira le désir d’en étudier la végétation… Mes voyages botaniques presque tous entrepris à pied et à une époque, où les voitures publiques étaient peu communes dans ce pays, me causèrent bien des fatigues et des peines, mais aussi me procurèrent la jouissance qui s’attache à toutes les découvertes intéressantes… Jamais époque peut-être ne fut mieux choisie pour ces recherches utiles : partout les travaux agricoles tendent à modifier l’aspect de la nature champêtre… Les plantes qui fuient le contact de l’homme se réfugient alors dans les lieux écartés … C’est dans ces localités privilégiées que le botaniste diligent va les chercher… Il m’a semblé utile de déposer dans une collection publique des échantillons des plantes de ce pays et d’y consigner leurs localités… En 1834 j’écrivis à Monsieur Badouix, Préfet de la Nièvre pour les offrir au Département … Pas de réponse ! ». Heureusement les archives nous montrent que la Ville de Nevers accepta : dans une lettre du 27 janvier 1835, Boreau précise : « Je les offris à la Ville de Nevers. Un crédit de 149F 20c fut ouvert pour cet objet (matériel nécessaire à la confection de cet herbier en 1834). Je lui ai consacré tout le temps dont j’ai pu disposer, et aujourd’hui j’ai la satisfaction de pouvoir vous annoncer que ce grand travail est entièrement terminé. Les plantes de nos contrées sont classées méthodiquement dans leurs familles respectives sous 1423 numéros ».

 

Le système de portefeuilles reliés lui a semblé le plus adapté pour un herbier destiné au public. « J’ai laissé des blancs nombreux pour les plantes que l’on pourra découvrir plus tard… ». Son système de classement des plantes est le même, qu’il adoptera pour sa Flore : « L’ordre des familles naturelles est aujourd’hui le seul qui puisse être suivi… : j’ai adopté à peu près la classification de M. Candolle… ».

 

 

Candolle, botaniste suisse, a fait triompher la méthode naturelle inaugurée par Jussieu, fondée sur l’unité de plan de composition organique. Il a publié en 1817 : Système naturel des végétaux et exercé une influence considérable sur les études botaniques. Il faut prendre le temps de feuilleter ce document, regarder les spécimens de ces plantes, dont certaines ont disparu de nos contrées, bien se rendre compte que ces pièces ont plus de 170 ans d’âge, que l’ensemble est bien conservé. Il faut aussi lire toutes ces annotations manuscrites, qui donnent toute sa valeur scientifique à l’œuvre. L’auteur est très précis dans ses localisations et rend hommage à ses prédécesseurs ou condisciples : l’Abbé Troufflaut, Gillet, Simonet, le Comte Jaubert, M. Saul, etc. Souvent apparaît la mention : « Très rare ». Nevers est très présent dans les lieux, où les plantes ont été découvertes. Plusieurs fois on lit : « Parc de Nevers » comme bien d’autres endroits de notre bonne ville. Les botanistes contemporains consultent encore aujourd’hui cette pièce maîtresse de notre patrimoine et le citent dans leur bibliographie.

 


 

Les fonds patrimoniaux conservent plus de 125 titres de journaux nivernais, dont 75 ont commencé à paraître avant 1920. Ces documents, perçus comme le réceptacle de l’éphémère, issus de la production d’un papier mécanique de qualité médiocre, ont pendant longtemps été négligés. De ce fait, on ne trouve des collections, plus ou moins complètes, que dans les fonds des bibliothèques municipales ou ceux des Archives départementales. Hormis quelques titres recueillis par des érudits dans les fonds de sociétés savantes.

 

 

 

La presse a joué un rôle important dans la formation de l’opinion publique provinciale : la diffusion de l’instruction, la multiplication des journaux partisans à partir de 1870, la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881, ont rendu possible l’existence d’une vie politique locale. Mais il ne faut pas oublier qu’étudier la presse permet également de toucher à des domaines multiples : l’histoire du droit (liberté de la presse) ; l’histoire sociale (diffusion du journal, lectorats) ; l’histoire littéraire (les feuilletons, les poèmes locaux, les textes des journalistes) ; mais surtout l’histoire du quotidien. La presse provinciale est attachée aux faits locaux, aux choses ordinaires de la vie touchant la population, les comptes rendus des affaires judiciaires, les annonces légales donnent de véritables "archives", données permettant d’analyser les moeurs et les coutumes d’une région.

  

 

 

Journal du département de la Nièvre :

 

La Révolution vit apparaître le premier journal imprimé à Nevers en octobre 1790 : Journal du département de la Nièvre, dédié à la Société des Amis de la Constitution. La préparation de l’exposition a permis de retrouver dans le fonds Sonnié-Moret de la Société Scientifique de Clamecy un prospectus et un numéro daté du 16 février 1791. C’était un journal très combatif, rédigé par un "homme de loi", un jacobin nommé J.-A.-M. Fion, qui portait des attaques virulentes contre la noblesse. Il sera d’ailleurs nommé accusateur public en 1793 pour le tribunal révolutionnaire. "On s’abonne chez madame Veuve Le Febvre, imprimeur à Nevers" et le prospectus, daté d’octobre 1790, annonce que le journal paraîtra "le samedi de chaque semaine à compter du 9 octobre 1790" et comprendra 4 pages. On ignore quand le journal cessa de paraître.

 

prospectus 1790

 

 

Journal décadaire de Nevers et de la Préfecture de la Nièvre :

 

Au début de l’Empire, il n’existait plus aucun journal départemental, seul subsistait un journal autorisé à reproduire des extraits du Moniteur, le journal hebdomadaire de la Nièvre, journal des affiches et annonces du département, simple feuille d’annonces judiciaires et de propagande impériale avec la diffusion des bulletins de la Grande Armée, qui devient le Journal de la Nièvre en 1810. L’imprimeur Levebre aîné voulait en l’an IX, avec l’appui de la préfecture, lancer un journal de 4 pages (au prix de 12 francs par an), le Journal décadaire de Nevers et de la Préfecture de la Nièvre, le programme étant vaste :

 

"donner sous ce titre une notice exacte des Lois et Actes qui intéresseront plus ou moins Le Département (…) l’Analyse des principales causes qui auront été jugées celle des délits punis ( …) donner la note des ventes, transactions commerciales, mariages, divorces, décès, le prix des grains, fourrages, comestibles, vins, foires (…) des livres nouveaux qui auront mérité des suffrages honorables, et des spectacles qui auront lieu dans la ville de Nevers".

 

Mais ce projet ne put être mené à bien.

 

La presse parisienne n’avait qu’une faible diffusion dans le Nivernais sous le consulat et l’Empire. A partir de 1811, seuls quatre journaux parisiens sont autorisés : Le Moniteur, Le Journal de Paris, Le Journal de l’Empire et la Gazette de France. Le journal étant considéré comme une chose rare, il était d’un prix élevé et supposait un certain niveau de revenus. On ne trouve à Nevers, à Cosne et La Charité-Sur-Loire que quelques cabinets de lecture, ne contenant que des romans et quelques livres de voyages. Les journaux reçus dans les cafés étaient peu nombreux. Ainsi, en 1822, à Nevers, on pouvait lire Le Constitutionnel aux cafés de la Comédie et du Jeu de Paume, Le Courrier français chez la veuve Brisson. Deux sociétés littéraires à Nevers regroupant des gens d’opinions différentes reçoivent la presse nationale : La Société littéraire uniquement des journaux royalistes et la Société philarmonique le Moniteur, le Drapeau blanc, les Débats, le Courrier français et le Constitutionnel.

Aucune presse politique locale n’existe au côté de la feuille d’annonces de Nevers : Le Journal de la Nièvre.

 

prospectus décadaire de Nevers et de la préfecture de la nièvre

 

 

Les journaux après 1830

 

La Gazette du Nivernais

 

Journal politique, agricole, industriel et littéraires – Nevers (place de la Halle) : Bégat, 1831 –

Ce journal paraît le mercredi de chaque semaine.

 

Il faut attendre l’avènement de Louis-Philippe pour voir réapparaître à partir de 1830 des journaux imprimés localement. Ceci s’explique par une relative liberté octroyée par la charte de 1830, mais aussi par un intérêt croissant pour la politique et par le fait qu’un journal puisse devenir une spéculation rentable même avec un petit nombre d’abonnés. C’est le début d’une presse d’opposition dont la durée de vie est assez courte face aux réactions du préfet et de la magistrature. C’est le cas de la Gazette du Nivernais qui a été fondée en mars 1831 par le vicomte de Bouillé, ancien maire de Nevers et Palamède de Raffin, ancien commissaire général de la Marine et maître de forges à La Pique. En novembre 1832, le journal comptait près de 133 abonnés. Claude Bégat, professeur de langues au collège de Nevers, était le rédacteur et gérant de ce journal qui disparaîtra en 1833. Les actionnaires lassés de payer des amendes décidèrent de "se débarrasser de l’argent rédacteur en tuant la Gazette".

 

gazette du nivernais

 

 

L’Association, journal de la Nièvre

Politique, industrie commerciale et agricole, jurisprudence, littérature

Rédacteur en chef : C.Gauguin et Claude Tillier ; directeur-gérant : Lacoche –Nevers (16 rue des Merciers) : Association, 1840 – 1843.

 

La bibliothèque possède également un journal résolument libéral, L’Association, dont une partie de la collection provient du château de Chevenon. Créé en juin 1840 par des notables libéraux, les bureaux du journal étaient installés au 16 rue des Merciers à Nevers. Le premier rédacteur était un jeune journaliste de 26 ans, Clovis Gauguin (1814 -1849), père du célèbre peintre Paul Gauguin, qui laissera sa place en juin 1841, au fameux pamphlétaire Claude Tillier, quittant ainsi Clamecy pour s’installer à Nevers. Il est l’auteur de nombreux articles, publiant en feuilleton Mon oncle Benjamin, Belle plante et Cornélius et donnant au journal une ligne républicaine jusqu’au dernier numéro de 14 mai 1843.

 

 

 

L’Entracte

 

Un peu avant la crise de 1848, le 6 février, l’imprimeur neversois Bégat lança l’Entracte, journal charivarique consacré aux arts, à la littérature et au théâtre, dans lequel on peut lire une chronique amusante, la "Gazette chinoise. Extrait du journal d’un gabier anglais" qui découvre la ville de Ser-ven, sur une petite rivière appelée Ier-Ven.

 

entracte

entracte

 

 

La révolution de 1848

 

La Sentinelle

 

Tout pour et par le peuple. Egalité, fraternité.

Rédacteur-gérant : Ulysse Pic, 1er numéro, 13 mars 1848.

 

Après les journées révolutionnaires de février 1848, Ulysse Pic, l’ancien rédacteur de l’Union libérale revient à Nevers fonder La Sentinelle, début mars "ivre encore de la poudre des barricades et le cœur palpitant des nouvelles ardeurs de la liberté". Ce journal, qui a un tirage important (mille exemplaires) se veut l’organe des clubs qui foisonnent et défend des thèmes socialistes et révolutionnaires : "Tout pour et par le peuple". En avril 1848, le commissaire du gouvernement profite des excès du discours d’Ulysse Pic pour le faire emprisonner et expulser, décapitant la rédaction de La Sentinelle qui disparaît après 7 numéros.

 

sentinelle sentinelle

 

 

Un monopole sous l’Empire : Le Journal de la Nièvre

 

De 1851 à 1867, Le Journal de la Nièvre dispose d’un véritable monopole : il est le seul journal politique dans la Nièvre. Organe de la Préfecture, il participe vaillamment à la promotion des candidats officiels. Le Préfet malgré un avertissement en mai 1853, ne tarit pas d’éloge sur la souplesse du rédacteur, gérant et propriétaire Fay. Son succès repose sur la masse des informations pratiques et locales et sur son monopole.

C’est d’ailleurs une affaire rentable grâce aux annonces judiciaires. Son nombre d’abonnés ne cesse d’augmenter : 1200 en 1850, 1500 en 1861 ; 1800 en 1865 ; et 2030 en 1868.

 

Les années 1870-1878 sous la IIIème République furent une période faste pour la presse nivernaise. Les journaux politiques se multiplièrent, chaque candidat souhaitant fonder son propre journal pour soutenir ses idées auprès de la population. A cela s’ajouta la libéralisation de la presse, amorcée dans la loi du 11 mai 1868, elle est complétée par la loi du 29 juillet 1881 qui définit les libertés et les responsabilités de la presse, imposant un cadre légal à toute publication mais surtout permit l’abrogation du régime de "l’autorisation au préalable", du cautionnement et du "timbre", réduisant les lourdes charges financières dont étaient victimes les journaux, favorisant ainsi les nouvelles publications.

 

 

Les journaux sous la IIIème République

 

 

La Tribune Nivernaise

 

docteur turigny

 

Gérants : Gravier, L.Blériot.- Nevers (11, rue du Cloître-Saint-Cyr) : La Tribune Nivernaise, septembre 1870-janvier 1872.

 

Docteur en médecine en 1850, Jean-Placide Turigny (1822 -1905) est proscrit au 2 décembre 1851 mais il échappe à la déportation. C’est un "animal politique", il écrit beaucoup dans l’Impartial du Centre (fondé en 1867) et en 1870 fonde la Tribune nivernaise avec l’imprimeur Bégat contre le préfet Girerd. Elu député en 1873, il garde son siège jusqu’à la mort en 1905 : il siège d’abord à l’extrême gauche, puis s’associe au mouvement sans que ses électeurs le trahissent. La Tribune nivernaise est un journal républicain radical, qui attaque violemment les notables locaux, le gouvernement, et soutient le mouvement communard. Elle cesse de paraître le 2 juin 1871, après le rétablissement du cautionnement le 1er juin. Elle réapparaît en septembre pour disparaître en janvier 1872 après plusieurs condamnations et amendes.

 

 

 

Potache-Revue

Journal bi-mensuel paraissant le premier et le troisième dimanche de chaque mois, dir. Arsène Reynaud [Maurice Quillot] ; Gérand : J. Desbrosse.- N° 1 (1889, 3 févr.) N° 6 51889, 3 mars). –Nevers (5, rue Vauban) : Imprimerie Nivernaise, 1889.

Il n’eut que trois numéros. C’est une revue aujourd’hui fort célèbre par ses collaborateurs ; car elle a été fondée par Pierre Louÿs et Franc Nohain ; son directeur était Arsène Raynaud, pseudonyme de Maurice Quillot, il créa la revue pour se désennuyer du départ à Paris, à Janson-de-Sailly de Franc-Nohain. Potache Revue publia les premiers vers d’André Gide sous les pseudonymes de Zan-Baldar et Bernard Durrla.

 

 

potache revue

Potache-Revue

 

Journal bi-mensuel paraissant le premier et le troisième dimanche de chaque mois, dir. Arsène Reynaud [Maurice Quillot] ; Gérand : J. Desbrosse.- N° 1 (1889, 3 févr.) N° 6 51889, 3 mars). –Nevers (5, rue Vauban) : Imprimerie Nivernaise, 1889.

Il n’eut que trois numéros. C’est une revue aujourd’hui fort célèbre par ses collaborateurs ; car elle a été fondée par Pierre Louÿs et Franc Nohain ; son directeur était Arsène Raynaud, pseudonyme de Maurice Quillot, il créa la revue pour se désennuyer du départ à Paris, à Janson-de-Sailly de Franc-Nohain. Potache Revue publia les premiers vers d’André Gide sous les pseudonymes de Zan-Baldar et Bernard Durrla.

 

Kermesse Journal

Nevers-Souvenir, fêtes des 11, 12 & 13 juillet 1896, numéro unique. – Nevers, 1896. Avec une grande page de titre dessinée par Léon Legendre.

 

Jules Lemaître avait été chargé par la municipalité de Nevers de faire ce "journal élégant d’une douzaine de pages", vendu au profit des pauvres, à l’occasion de l’inauguration du marché couvert. On y trouve des textes de Louis de Courmont, Maurice Legrand (Franc-Nohain), Louis Mirault, Achille Millien… La bibliothèque possède également un autre numéro, intitulé "Kermess-Journal", pour les fêtes des 11, 12 & 13 août 1901, avec une couverture illustrée par l'artiste Cyr Deguergue.

 

kermesse journal kermesse journal

 

Les années 1900

 

 

L’Illustré Nivernais

 

illustre nivernais

Littéraire, artistique et amusant ; Gérant : V. Voinot.- Nevers (5, rue Vauban) : L’Illustré Nivernais (1900).

 Couverture illustrée par O’Galop – de son vrai nom Marius Rossillonné en 1867 à Lyon et mort en 1946 à Carnac (Dordogne). Dessinateur humoriste, il fut l’une des personnalités du Montmartre d’avant 1914. Il collabora au Rire et à L’assiette au beurre. Son titre de gloire est d’avoir inventé le personnage de Bidendum vers 1898. Il créa aussi des dessins animés avec Benjamin Rabier. Le journal est une compilation de dessins et d’articles déjà parus ou refusés dans Le Rire ou Charivari.

illustre nivernais illustre nivernais

 

 

Première guerre mondiale, les journaux américains

 

the martian

The Martian

 

Hommes 36 – 40, Chevaux – 8 : Hopital Center – Mars-sur-Allier, American Expeditionary Forces. –Marssur- Allier : Hospital Center A.P.O ? 780, 1918 – 1919.

 

Publié par l’imprimerie Fortin à Nevers, ce journal publié par les soldats américains de l’hôpital de Mars-sur-Allier. On notera la belle lithographie représentant la "Porte de Paris".

 

 

The Pop Valve

Published by and for the 19th Grand Division Transportation Corps American Expeditionary forces, Camp Stephenson, Nevers (Nièvre).- Nevers : the 19th Grand Division Transportation Corps American Expeditionary Forces, 1919. 

Journal publié par les soldats américains installés à Vauzelles, au Camp Stephenson. Il a été imprimé dans un premier temps à 2500 exemplaires puis à 3000 exemplaires.

 

pop valve

 

 

Du Paris-Centre… au Journal du Centre

 

Quotidien régional.-. Nevers (3, rue du Chemin de fer) : Paris Centre, 1re année, n° 1 (1909, 28 janv.) - 1944.

 

Des notables fondent le journal Paris-Centre dont le conseil d’administration est présidé par le marquis de Tracy. Ce quotidien de six pages, diffusé le matin, va mener jusqu’en 1940 un combat contre l’opposition de gauche, défendant l’ordre établi, mais donnant parfaitement les informations parisiennes et locales : ses tirages importants en font le premier journal nivernais. La bibliothèque présente à l’exposition des documents inédits de Paul Meunier, administrateur du journal de 1908 à 1919. Ces pièces ont été acquises en décembre 2008. Elles comprennent notamment le rapport de la deuxième assemblée générale constitutive du 31 octobre 1908 au cours de laquelle le titre de Paris-Centre fut définitivement adopté et dont le siège est fixé à Nevers, au numéro 3, rue du chemin de fer, dans les locaux actuels du Journal du Centre. Présent durant l’entre-deux guerres, le Paris-Centre comptera de grandes signatures journalistiques comme Georges Simenon. Ayant continué de paraître pendant la seconde guerre mondiale, il laissera la place à la Libération au Journal du Centre en 1944. Emanation de La Nièvre Libre, un journal clandestin créé pendant l’occupation, le Journal du Centre est dirigé par Charles Exbrayat en 1945, rédacteur en chef du quotidien pour lequel il chroniquera jusqu’en 1971. Au moins de Décembre 1967, le journal La Montagne crée une édition Nièvre et ouvre une agence rédactionnelle à Nevers. Elle prendra fin le 17 septembre 1994. L’année 2004 est une étape importante pour le Journal du centre : il est désormais fabriqué à Clermont-Ferrand, sur les rotatives de La Montagne et il propose à ses lecteurs une nouvelle maquette et une nouvelle présentation. En 2006, comme la majorité de la presse française, le Journal du Centre met en ligne des articles sur internet. Progressivement d’autres supports de communication apparaissent sur le site avec la vidéo et l’audio, pouvant offrir au lecteur une participation active à l’information et une possible interactivité avec le journaliste.

 

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